Médiation artistique auprès des scolaires

CRED76 2020/21, Collège Lucie Aubrac, Isneauville. Classes de 5èmes, professeur d’arts Plastiques, Me Gonzales.

Détricoter les Stéréotypes (de genre, mais pas que!)

Dans le cadre de ces interventions, le textile  pourra prendre sa place à travers le vêtement. Les vêtements sont portés de diverses manières : ils habillent plus ou moins la personne. Ils introduisent et induisent des attitudes corporelles, des gestes : couvrir, voire dissimuler son corps ou encore exposer sa nudité (nombril, dos, chevilles, genoux, jambes etc.….)

Les vêtements peuvent être des marqueurs de genre.

Les vêtements et parures relèvent de stratégies de distinction et servent tant à se faire autre qu’à qualifier des manières d’être.

Le vêtement comme marque IDENTITAIRE.

 De façon plastique, le principe d’identité dans le cadre de ces interventions n’entre dans aucun prosélytisme ni de genre ni d’opinion. Par le textile et sa manipulation, les élèves se confrontent au « travail d’aiguilles » souvent stéréotypés. Par l’apport des symboliques autour du fil et du textile –Mythologies, expressions de la langue française etc.- les élèves adaptent leurs propres éléments de réflexion pour se lier à leur place au monde.

Dialogue entre les Arts, collège Claude Bernard, Grand Quevilly, 2021.

Point de départ et d’ancrage, le Bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert.

Derrière les écrits et l’empreinte laissée dans l’histoire de la littérature, Gustave Flaubert reste un homme fait de chair et de sang. Derrière les mots, les ratures, les observations voire le décorticage de la nature humaine de la société du 19ème siècle, apparait entre les lignes un homme marqué par une éducation de scientifique. Fils et frère de chirurgien, il évoque souvent, dans ses échanges épistolaires, la proximité de « l’hôpital» derrière le mur de sa chambre. Dans ma pratique artistique, le textile représente et sert le propos du corps. Qu’il soit imagé ou figuré, l’empreinte de ce corps guide la création comme une écriture permanente.

Du dessin au fil brodé, la frontière devient inexistante pour illustrer le principe d’écriture.

Les jeux de mots et de langage de l’écrivain  structurent et dévoilent les propos, la mise en image et en abîme du plasticien appuient ou élargissent les écrits.

D’un Cœur Simple au Corps du texte

Expliquer comment procède l’artiste dans la construction de sa démarche artistique n’est pas chose aisée. Dans ma pratique, l’expérimentation autour d’une idée peut prendre le chemin d’un journal sans fin. C’est une écriture faite de reliefs et d’aspérités comme la démarche et la construction d’une œuvre littéraire.

Le terme Corps du texte sera dans notre dialogue le point départ. Comme la première ligne, à l’instar de l’esquisse, lance le rythme des mots.

Cette expression est apparut essentiellement dans la pratique et l’usage de la typographie, rapport direct avec le texte et sa compréhension.

Définition d’Encyclopédie.com : Paragraphes d’un document constituant la majeure partie de son contenu. Le corps du texte sera défini dans une police de caractères appropriée et lisible.

En 2015, je participais à un parcours autour de l’œuvre de Flaubert. Mon idée sans rentré dans l’illustration était de rentrer dans le texte lui-même et des impressions qu’il me laissait. La thématique récurrente du corps dans mon travail à diriger la forme : Le cœur. Cœur et corps sont liés.

Le principe du Work in Progress

D’un cœur brodé en 2014 pour le projet Flaubert, nous allons construire le corps du texte. Chaque élève viendra apporter l’empreinte de la matière par différentes techniques de broderie reprenant ainsi l’idée du travail de l’écriture. Les modifications, les repentirs, les ajouts, les ratures etc. Par accumulations des dessins brodés qu’ils soient visibles ou par jeux de transparence des tissus ou de fil ton sur ton.

Dialogue entre les Arts, Classes de 5ème, Collège Jean de la Fontaine, Bourgtheroulde, 2020.

3 classes de 5ème du professeur d’arts Plastiques M. Airaud,  entre  fin Octobre et Décembre 2020, autour du sujet du Grimoire. Inventer ses supports, détourner, créer ses potions magiques, trouver ses animaux légendaires et surtout magiques! De belles inventions et réinterprétations, de l’ingéniosité, et pas mal de malice!

Les confinements de cette année 2020, ne changent rien à la créativité du programme, ils auront même crée pour ma part un dialogue « magique » avec de la diversité, de la spontanéité  joyeuse de ces élèves plein de vie.

En Work in progress

IN FINE

PROJET CRED 2019/2020 . CLASSE DE 3ème, Collège d’Auffay. Professeur d’Arts Plastiques Me Poirier.

AUTOUR DU FIL ET DU TEXTILE.

Quelque soit la création, l’acte de passer du fil dans une aiguille et de coudre des pièces de tissus entre elles, incarne notre rapport au monde. Plus fine que la mine d’un crayon, l’aiguille accentue la sensibilité de la ligne du dessin, l’emplissant de vibrations incarnant la fragilité, la patience et parfois la réparation. Le tissu, souvenir et cocon, rassure et réconforte. Il est le « Doudou » de l’enfant, la couverture chaude en hiver, la robe de Mariée conservée dans une malle. Il est aussi le linceul ou le mouchoir mouillé de larmes. La charge émotionnelle et la capacité évocatrice sont toujours puissantes avec ces médiums.

Le fil et toute matière textile est lié au propre comme au figuré à l’existence de l’humain, pour sa protection, sa survie, et aussi la filiation, et donc l’identité.

THÉMATIQUE: la mémoire, légende personnelle.

En rapport avec le parcours CRED76 :

Deux heures de présentation sur des éléments et œuvres d’Artistes ayant un lien avec les médiums du textile (Aiguille, tissu, fil etc.…)

Temps de réflexion sur les symboliques et visions différentes autour du travail d’aguille ou de lien au fil…

Mots clés :

 Médium, Textile, tissus, broderie, trame, aiguille, lier, relier, dénouer, nœuds, temps,  lenteur, écriture, recouvrir, réparer, raccommoder, accros, effilocher, narration, mémoire….

Développement d’un historique autour du textile : matière molle ou solide, malléable. Le rapport au corps, à l’empreinte. Lien directe avec la mémoire. Le fil crée du lien tant symbolique que physique.

La majorité des artistes montrés aux élèves développent un langage très personnel et psychologique autour du textile. Qu’ils/elles brodent, cousent, modèlent, perforent ou lient des médiums différents, le propos revient sur l’identité ou la perception individuelle d’une place ou d’un instant T à écrire, ancrer dans la matière.

Souvent le lien se fait directement avec l’écriture, le dessin. On efface, ou au contraire, on marque un élément dans la mémoire du geste. Le faire devient un acte d’identité.

Que les œuvres ai un lien directe avec la vie personnelle ou non de l’artiste, le geste impose le plus souvent un lien avec l’être : sa mémoire, sa gratification, l’empreinte d’un ressentit etc.

La subtilité des mélanges entre, des éléments de vie personnel, et un geste aussi intemporel que le fait de coudre ou broder, créer un effet global qui parle à tous. Un inconscient ou conscient collectif.

Mise en place des ateliers et thématique pour les troisièmes du collège d’Auffay

A partir d’aplat, de volume, de récupération liant des techniques autour du textile, créer un objet, un livre etc.… incluant une démarche personnelle du regard posé sur son environnement, son identité, son histoire personnelle ou imaginée (imagée).

En pleine action!

Dialogue entre les arts-2019-2020

Collège Guillaume le Conquérant, 76680 Saint-Saëns. Professeur d’Arts Plastiques Me Rio.

L’habit comme support de mémoire et d’identité. Le fil entre les générations et la fonction première du musée.

Projet artistique, plastique mené en pluridisciplinarité.

 

Le but du Dialogue avec les Arts est de créer un pont entre l’univers d’un Artiste ou d’un collectif artistique avec l’enseignement pluridisciplinaire du collège pour ensuite le mettre en lien avec un musée de la Métropole dans une valorisation des résultats obtenus.

Pour les niveaux de Quatrième la proposition est de produire un rendu « artistique » autour du fil et du textile au Musée de la Corderie Vallois à Notre Dame de Bondeville, en mai 2020 durant la Nuit des Musées.

Lors d’une  rencontre au sein des classes d’art plastique, L’artiste a présenté une partie de son travail et de son lien avec les outils telle que la couture et la broderie en mettant en avant une installation textile dénommée « Danser sur les os… »

Cette installation textile se fonde sur la découverte d’une robe dans un placard de la maison de son arrière Grand-mère. A partir de cette trouvaille se développe toute une mythologie personnelle et imagée qui crée une danse de la mémoire, réelle ou fantasmée, sur la place que nous, voulons prendre dans la structure de la filiation et par élargissement dans la société, dans la vie.

Les élèves ont manipulé, observé et questionné pour prendre en compte la problématique d’une installation et sa dimension sculpturale. Il s’agissait de les amener à se mettre en condition de work in progress, et de créer une extension qui leur soit propre. Propre car les éléments textiles, habits, drap, doudous, éléments de parure tels que chaussures, gants, chapeau, bijoux viennent d’eux ou de la famille, ou bien parce qu’ils l’ont choisi parmi un panel présent en classe.

 

Dans l’optique d’une présentation au Musée Corderie Vallois, chaque niveau concerné a travaillé sur la création d’un élément. En groupe ou individuellement, chaque classe a composer les éléments textiles créant un ensemble. Que cela soit en volume (sculpture, suspension, toile brodée…) ou en aplat (sur papier ou en broderie, photographies, dessin) l’ensemble créant une homogénéité.

Dialogue entre les Arts 2018/2019.

Sur le fil de l’expression plastique :  Collège Saint Dominique, Rouen.

le rendu en images, fils et textes des éléments textiles créés par les élèves de 4ème

 

Mots clés : carnet accordéon, dessin, croquis, schéma des réalisations, mis en espace, scénographie, histoire, mise en mots, conceptualiser, se décaler, recentrer le propos.

Matériels : papier canson, critérium, gomme, ciseaux, papier calque, photos des éléments textiles portés ou non, pochoirs alphabet, fils de différentes couleurs, aiguilles, (chutes de tissus utilisés par les élèves).

 

Suite à l’atelier de création d’un objet textile, qu’il soit porté ou à poser, en groupe ou individuellement, les élèves ont du pouvoir mettre des mots ou des intentions sur leur création.

Formaliser l’objet mou, donner du sens à l’habit qui ne prend place dans l’espace que par les moyens du corps, ou du mouvement, notamment pour les pièces en groupe.

Par des moyens simples et plastiques tels que le papier et les rendus photographiques de la séance précédente, les élèves vont mettre en image leurs réalisations.

Par simple détourage des formes et des corps sur les impressions papiers des photographies, les élèves décalqueront et reporteront leur modèle sur un format papier prédéfini et commun à tous.

L’idée, sans uniformisation, est de tous les mettre à la même échelle, pour que chaque éléments se mettent en connexion les uns avec les autres.

A partir des éléments décalqués, de un à quatre, ils tisseront des liens de fils en rapport avec les mots ou courtes phrases choisis pour définir leur objet textile. Le fil peut être un lien ou son contraire, affirmer ou infirmer le propos. Visualiser la subtilité du langage.