Le corps matérialisé et objet de mémoire.

Cette installation de sculptures textiles, de broderies et de dessins est une allégorie sur la filiation féminine. Une légende personnelle et matrimoniale, initié par la découverte d’une robe chez mon Arrière Grand-mère. Le projet a pour ambition de plonger dans le corps et l’esprit de ces femmes, qu’elles soient de mon sang ou pas, car elles évoquent la mémoire collective.

C’est  un hasard qui m’a amené à découvrir cette « Aube » de communiante, abandonnée dans un tiroir de l’arrière Grand-Mère maternelle. Tombée dans l’oubli, L’habit se parait d’une intériorité, quand devant mes yeux elle se gonfla du vent qu’elle capturait en séchant…. Un souffle.

L’installation  « Danser sur les Os… » découle de cette découverte, et prend place dans l’espace au travers de différents globes de verre comme ceux des couronnes de mariées, ainsi que de différents dessins et broderies qui grimpent sur les murs. Des focus imagés et déformés par la mémoire des filles issus du ventre de mon arrière Grand-Mère… d’où je viens.

 Le titre « générique » de cette installation est inspiré des écrits de Clarissa Pinkola Estès dans son ouvrage « Femme qui coure avec les Loups ».

Un Fil qui se déploie à l’infini. Généalogie imagée, filiation et cellule souche d’une histoire familiale. Le ventre et la matrice invoqués pour « Danser sur les os… »

Le Laboratoire des Humeurs et des Larmes

En me penchant sur un projet d’installation en 2012, j’ai “récolté” un grand nombre de vœux dans les cahiers mis à disposition dans les églises de la région Normande. Très riche en enseignements: les états d’âme retranscrit concernaient en grande majorité les sentiments ou émotions provoquées par l’amour. Manque, frustration, abandon, rejet mais aussi, amour inconditionnel, passionnel, entier, heureux, grâce et remerciements.

Bien qu’étant visible aux yeux de tous, ces “Vœux” ne pouvaient être extraits sans contreparties. Superstition ou prétexte, il fallait donner un sens à ce voyeurisme.  Le Laboratoire des Humeurs et des Larmes était né : faisant mienne toutes ses émotions, pour la plupart vécues, en utilisant mes accumulations d’objets médicaux. Créer du sens tel l’alchimiste, créer  une mystique du corps avec son  « âme ».

Au cours  de la mise en place des “objets” symboliques du Laboratoire, le lexique expliquant l’utilité de chaque élément à permit de mettre en exergue le pouvoir des Mots. Je m’étais penché sur des travaux de psychanalystes bien connus, mais pas dans une expression plastique. Les mots résonnent et nomment sans forcément toucher la cible, souvent ils provoquent d’autres interrogations. Les mots ont le pouvoir de cristalliser, de refléter des images. Les mots dévoilent  et projettent l’interlocuteur sur des successions d’images ou de références qui lui sont propres ou/et collectives.

 L’idée est donc venue de créer des “objets” idiomatiques. Ce n’est que par le titre, le mot, ce qu’on nomme « Verbe » que le sens nait. Bien sur, il y a tout le processus de mise en scène, de scénographie autour, mais le sens est donné avec la lecture ou l’énonciation des éléments présentés. Lors de la première présentation de cette installation, il a parut naturel de conditionner le public en prenant le parti de devenir la laborantine.

« Le Laboratoire » est polymorphe, s’adaptant et évoluant comme un carnet intime garde l’inscription des états de l’âme. Il a donc évolué depuis sa première monstration en 2012 et s’agrandit au fil des acquisitions ou des créations Textiles qui l’accompagnent à ce jour.

« ça a commencé par un cœur… »

2015/2016/…

Comme indiqué par son titre, ça a commencé par un cœur, taillé dans un drap de lin. La sculpture  s’accroît au fil du temps et des respirations pour devenir invasive, indomptable?

Présentée une première fois, lors d’une exposition collective en décembre 2016, Au 59 Rivoli, (Présentation d’Art « Contemporeines », association Diverzarts),  75001 Paris.

Elle devrait poursuivre sa croissance, au Musée Flaubert et d’Histoire de la Médecine à Rouen en Janvier 2021.

Des Greffons